Aujourd’hui Startin’ Sport vous propose l’interview exclusive de Guillaume Faurie, jeune freestyleur. Sa catégorie de freestyle est particulière: le quad… On se dit de suite que c’est lourd, que ça doit être dur etc… mais à le lire, c’est un vrai plaisir ! Il nous en parle si bien.

– Tout d’abord peux-tu nous faire une petite présentation ?? Toi, tes débuts etc…

Bonjour à toute l’équipe de Startin’ Sport ! Effectivement je m’appelle Guillaume Faurie, j’ai 21 ans, 22 en mars (je n’aime pas vieillir lol). Je vis en Charentes aux alentours de Cognac.

J’ai commencé très jeune à délirer avec des vélos et sauter. J’ai fait pas mal de BMX en street et park de 13 à 17ans.

J’ai commencé le sport mécanique à l’âge de 12 ans sur un 85cr (moto de cross). Je m’amusais dans les carrières environnantes. Après je suis passé au quad vers 14 ans sur un 350 banshee. Pareil, toujours pour m’amuser dans les carrières. Je n’ai jamais été trop attiré par la course. Après 3 ans d’arrêt je reprends le quad et me lance dans une saison de cross en UFOLEP à 18ans pour acquérir de l’expérience avant de sauter  une rampe. Ensuite, achat d’une rampe pour quad et c’est parti !

A peine 21 ans et déjà de grands projets…

– Donc, tu as 21 ans passé et tu es un précurseur dans le monde du quad Freestyle en France, ça fait quoi de savoir que tu es un des premiers à promouvoir ce sport ?

Je suis fier de pratiquer ce sport qui procure des sensations énormes, c’est vraiment du pur plaisir en roulant. Les américains ont doucement lancé le mouvement et le FMX est là à un niveau supérieur. Après je n’ai rien inventé. En tout cas, savoir que je suis l’un des seuls à représenter cette discipline me donne envie de montrer la voie en quelque sorte et une bonne voie. Développer quelque chose de bon, avec une bonne image. Je suis un rider comme un FMXer, voir skater ou BMXer. C’est une culture, un esprit. Le fait d’être l’un des premiers me permet juste de partir sur une bonne base pour pouvoir développer beaucoup de choses. Park de freestyle et avoir de bonnes opportunités. Mais là, c’est vrai qu’il y a moyen de faire quelque chose.

En tout cas si je peux profiter de la jeunesse de la discipline c’est pour mieux la faire évoluer et participer en parallèle à l’évolution du fmx. Je compte faire partager tout ça à un maximum de monde comme par exemple l’accès à mon park ou permettre à des pilotes qui le méritent d’accéder à de bons évènements. En tout cas, premier ou pas, ça change pas grand chose, mon but c’est de rouler, me faire plaisir et faire plaisir aux autres. S’il y a quelque chose à faire par contre je le ferais à fond.

guillaume faurie 2

– Pourquoi avoir choisi le quad et non un autre sport ?

Depuis tout petit j’adore conduire. Très jeune j’ai commencé à conduire les tracteurs de mon père, je trainais dans l’atelier au milieu des clés et autres outils, j’allais à quelques motocross régionaux. Il y avait aussi un petit jeune en bas de chez moi que j’adorais voir rouler. J’avais 10 ans lui 6 environs, il s’envoyait des minis jumps, j’étais fou. Et puis le fait de vivre en campagne, d’avoir des carrières près de chez moi, de voir des gars délirer en quad, ça m’a donné envie.

Le quad permet de prendre des virages en glisse, de sauter, tu peux aussi bien aller faire une manche de cross qu’aller te promener « gentiment » dans les chemins avec ta copine. C’est pour ça que j’adore les sports mécaniques et plus particulièrement le quad. Pour certains FMXer qui chambrent : non se n’est pas un tracteur, karting ou un buggie. 😉

Retrouvez une vidéo de Guillaume sur Startin’ Sport.

– Pourquoi avoir choisi le quad option Freestyle et non le FMX ou autre sachant que ce n’est pas encore hyper développé dans le pays ?

J’ai directement accroché à l’esprit freestyle qui à commencé aux Etats-Unis et avec les Troux, Porte, Lamblin, Sanfillipo… Au début je kiffais le supercross parce que ça sautait, après avec le freestyle et les tricks, j’ai directement choppé le virus. J’ai toujours suivi le mouvement étant jeune. En parallèle il y a eu le développement des quads. J’ai pu en essayer vers l’âge de 10 ans grâce à mon père qui m’a emmené chez un professionnel qui faisait des locations près de chez moi. Pour moi ce que je voulais c’était sauter. Étant passionné de quad c’est tout naturellement que j’ai lié les deux.

Dans ma tête je suis devenu quad freestyler à l’âge de 12ans en quelque sorte : quand je me suis rendu compte qu’on pouvait faire sauter cette grosse machine. Je n’ai pas choisi de faire du quad freestyle. C’est naturel depuis longtemps, avant même que la discipline existe vraiment. A 14 ans j’ai annoncé à quelques potes que je serai le premier au monde à passer le backflip en quad lol.  C’était juste fait en moto, pas en quad mais c’était une évidence pour moi. Je n’avais pas les moyens, ni l’expérience pour réaliser une telle prouesse mais c’était en moi. Et depuis, quelques uns l’on passé comme les frères Guetter, Caleb Moore, Hugo Arriazu et rafa Munoz. En fait on ne choisit pas de pratiquer telle ou telle discipline, on la pratique pour le plaisir qu’elle nous apporte. Si un jour quelqu’un décide de faire du freestyle, aussi bien en moto qu’en quad, pour une autre raison, il se met vraiment en danger.

guillaume faurie 3

– Parle-nous un peu de ton quad.

C’est un 450cc LTR suzuki. C’est le même style de quad qui est utilisé pour les courses de cross et d’endurance. Niveau moteur tout est d’origine par contre la partie cycle (châssis, suspensions) est adaptée pour encaisser les gros chocs. Les suspensions sont durcies, et quelques réglages spécifiques sont nécessaires pour éviter de se faire éjecter sur un saut trop court ou trop long.

D’ailleurs, je suis en collaboration avec EMC un fabricant français de suspensions de haute qualité. Nous adaptons leur modèle haut de gamme, le GP4 pour le freestyle. Les suspensions plus un train avant AJM permettront d’être encore plus à l’aise et en sécurité, se qui permet bien évidemment de progresser dans de meilleures conditions. Quelques aménagements sont nécessaires pour certaines figures, comme de creuser la selle pour réaliser tout ce qui est superman seat grab.

guillaume faurie

– Comment se déroule une compète dans ta catégorie ?

Il n’y a pas vraiment de compétitions dans cette catégorie car on n’est pas assez de pilotes pour développer un championnat ou organiser une compétition. Par contre, on fait des démonstrations . Les organisateurs et le public sont de plus en plus friands de quad freestyle. On participe à des salons, des courses de motocross, camion ou tous autres évènements. Sinon une compétition de quad freestyle serait calquée sur celle de FMX.

Je verrai bien intégrer le quad freestyle à l’IFMXF, aux Master of Dirt voir encore plus gros, Xfighter et Xgames. Avis aux organisateurs moi je suis open à toutes propositions et même aider à intégrer le quad freestyle. Il suffit d’avoir des rampes de 2m de large ou de coller deux rampes de fmx.

– Pour toi quel est l’avenir du quad Freestyle en France et dans le monde ?

En France ça va rester pendant longtemps à la démonstration si on n’est pas plus de pilotes que ça. L’avenir je le vois plutôt bien vu que les gens commencent à connaître le FMX, il faut leur apporter quelque chose en complément comme le quad par exemple. Ça permet d’apporter un plus aux démonstrations, je trouve ça vraiment cool de mélanger les deux catégories. J’adore rider avec les fmxer. En tout cas, si un jour je peux organiser un évènement et faire un contest quad freestyle, je le ferais.

Au niveau mondial c’est un peu la même chose mais aux Etats-Unis, quelques compétitions vont voir le jour. Faut laisser le temps à cette discipline de se développer, ça sera plus rapide que le fmx car nous disposons déjà de bac à mousse et autre structure comme les gros park. Mais bon ce qui pêche c’est le nombre riders qui est encore vraiment restreint. On est au tout début, ça va évoluer progressivement. Quelques riders quad me contactent pour des infos rampes, prépa du quad ou pour faire leur premier jump chez moi.

guillaume faurie 4

– Et le tien d’avenir, tu le vois comment ? Tu as des projets, des envies ??

De plus en plus de shows je pense, surtout de nombreux voyages en Europe j’espère. Je vais tout faire pour que tout aille dans le bon sens, sans me blesser.

Des projets houlà que oui ! J’ai pour objectif de créer un gros park pour accueillir des pilotes et s’éclater sur un bon terrain de jeu avec d’énormes jumps, monter un bac à mousse, et pleins d’autres projets qui germent dans ma tête, mais on verra en temps voulu.

Des envies oui aussi: passer le backflip qui serait vraiment une grosse étape mais surtout un rêve de gosse. J’ai envie de continuer à progresser. J’ai aussi envie d’aider d’autres pilotes, car je pense que c’est en se serrant les coudes qu’on peut vraiment avancer et non en se tirant dans les pattes comme c’est souvent coutume en France.

– Quelle est ta figure de prédilection ? Et décris-nous là si tu peux !

Je n’ai pas de figure de prédilection mais plutôt un style de tricks que j’aime. J’aime vraiment me sentir loin du quad et pousser les figures au maximum, sentir que ça tire dans tout le corps.

Mais sinon j’aime bien les cliffhanger, tu t’accroches au guidon par les pieds et tu te mets debout au dessus en lâchant les mains. Ça donne de bonnes sensations.

guillaume faurie 5

– As-tu une anecdote à nous raconter sur toi et ton quad ?

En revenant d’une démo en Belgique, le berlingo de mon père est tombé en rade vers Paris. J’ai du le laisser à une dépanneuse et donc j’ai gardé avec moi toutes les affaires de quad, caisse à outils, la glacière, les couettes et bien sûr l’indispensable, le quad sur la remorque. Je suis resté 6h auprès du quad devant le garage en attendant que mon père fasse 450 km pour venir me chercher. Une heure pour me trouver dans Paris grâce à mes bonnes indications, je reprends enfin la route pour rentrer. Et là, je m’aperçois que les clés du quad sont restées dans le berlingo tandis que j’ai une démo directe dans la foulée… Comme on dit les voyages forment la jeunesse. 🙂

Je terminerai juste par un énorme merci à tous ceux qui me soutiennent, tonnycat racing.com , EMC, AJM, Unil-Opal, le team Aerial, mes parents, les petites entreprises de ma région, mes amis… C’est super de se sentir soutenu et que les gens apprécient ce que l’on fait : c’est vraiment la cerise sur le gâteau. Ça motive encore plus.

Tchaoo à tout le monde, les beaux jours vont arriver pour un max de rides entre potes, notamment les charentais et big ben qui sont remontés comme des horloges !

Merci à Startin’ Sport pour cette interview et à toi Vaïtéa.

Merci à toi pour avoir pris le temps de nous répondre ! Si Guillaume vous a donné envie, alors venez vite réserver votre randonnée en quad chez Sport Découverte.

Vous aimez cet article ? Notez le :
Article noté 3.7/5 avec 3 votes.
Interview de Guillaume Faurie: quad freestyle écrit par Vaï Iperty avec une note moyenne de 3.7/5 - 3 vote(s)

commentaires Facebook