Le blog Startin’Sport publie aujourd’hui l’interview de Héloïse Bourroux, dont le palmarès en bodyboard est impressionnant : plusieurs titres de Championne d’Europe et de vice-Championne du Monde, ainsi que de nombreux sacres nationaux.

 

– Héloïse, qu’est ce qui t’a poussée vers le bodyboard ?

A l’âge de 6 ans, nous sommes allés  vivre en Guadeloupe, avec ma mère, mon frère et ma sœur.
Là-bas, la mer est omniprésente. Il fait chaud et beau toute l’année, il y a des vagues…
Les conditions sont idéales pour débuter les sports nautiques.

Photo : Stéphane Michaux

Du coup, j’ai commencé le bodyboard, et quand on commence, on ne peut plus s’arrêter. J’adore ce sport.

 

 

–          Quelles sont les sensations qu’on ressent en bodyboard ? Quelles sont les spécificités de ce sport par rapport au surf par exemple ?

 

Il y a un rapport avec l’élément qui est indescriptible. L’océan est le maître du jeu.

Le but est qu’il vous apprenne assez de choses, pour que vous soyez libre et que vous vous y sentiez bien. C’est un peu philosophique, mais c’est l’explication que je trouve.

 

Après une bonne session, on a toujours le sourire scotché, c’est tellement agréable.

 

 

–          Quelles sont les qualités à avoir pour être une bonne bodyboardeuse ?

De la persévérance, de l’engagement, de la détermination… un peu comme dans tout sport de haut niveau d’ailleurs. Et aussi et surtout avoir la chance d’habiter au bord de l’océan, avec de nombreux spots à proximité.

 

–          Lors de la saison 2008, tu as survolé  l’European Tour of Bodyboard, en t’imposant notamment lors de l’étape Française d’Anglet : ça fait plaisir de triompher « à domicile » ? 

Oui, j’ai vraiment apprécié de gagner le tour Européen, surtout que sur 4 compétitions, il y en a une que je n’ai pas pu faire, et j’ai gagné les 3 autres. Un sans faute!

 

 

Photo : Courtesy Cool Shoe

 

La compétition à Anglet, les vagues étaient parfaites, je me suis vraiment amusée.

J’aime gagner de cette manière.

 

 

–          Tu as également été, pour la 3e fois, vice-Championne du Monde, le 19 Octobre : après avoir dominé les séries, il t’a manqué la bonne vague en finale ?

Oui c’est un peu frustrant. J’y ai cru, c’était mon jour pour gagner, c’était un 19 octobre, et en 2008 c’était une bonne date pour moi. J’ai eu 30 ans le 19 mai 2008, je me suis mariée le 19 juillet 2008….

Mais malheureusement, je ne suis pas allée au bout de ma logique ! Les conditions ont changé pour la finale et je n’ai pas su m’y adapter.

Vice-championne du monde, ce n’est pas si mal !

 

–          Tu as d’ailleurs choisi de repousser ta retraite sportive pour participer aux Mondiaux d’Août 2009 : comment vas-tu te préparer à ce rendez-vous?

Il y a eu récemment quelques petits changements de programme.
 En effet, l’ISA (Fédération Internationale de Surf) a décidé de supprimer la catégorie bodyboard pour les Mondiaux 2009. Du coup, je n’irai pas participer à cette compétition, je suis un peu déçue car je le voulais, ce titre.

C’est un peu scandaleux, d’ailleurs, la manière dont le bodyboard a été retiré de la compétition.

Le bodyboard a des problèmes de médiatisation, de sponsors… il est le parent pauvre du surf.
Faire partie des Championnats du Monde ISA était une reconnaissance au sein du milieu surf, reconnaissance dont le bodyboard a besoin.


L’ISA prétexte qu’il est important pour le bodyboard d’avoir son propre Championnat du Monde, afin d’avoir des vagues adaptées et des juges spécialisés. Et l’ISA dit qu’elle soutiendra l’organisation de cette compétition.
Ce qui est faux car aujourd’hui, rien n’est fait pour organiser un quelconque championnat du monde de bodyboard.

 

Imaginez les Fédérations Nationales, qui doivent déplacer une Equipe de France de Surf, une autre de Surf Junior, et une de bodyboard, sans compter les championnats d’Europe…

 Elles n’auront pas assez de moyen. Bref!

Du coup, pour moi cette année, pas de Championnats du Monde. Mais peut-être les championnats d’Europe, voire quelques compétitions en Europe. 

Dans tout les cas, ce sera pour le plaisir de participer et de revoir mes copines du Tour Pro.

 

–          Jusqu’à présent, quel est ton meilleur souvenir de ces années de haut niveau ?

J’ai pas mal de bons moments gravés dans ma mémoire.
Un de mes meilleurs : les Championnats du Monde en Afrique du Sud en 2002. Top ambiance en Equipe de France, cela donne des ailes.

J’avais fait 2e. C’était mon premier podium sur cette compétition, et j’étais fière.

Il y a aussi une compétition au Portugal (je ne sais plus en quelle année!), c’était une étape du Tour Pro Européen. Les vagues étaient petites mais vraiment amusantes…

J’y ai très bien surfé. Les filles en finale avaient besoin d’un cumul de points de 2 vagues pour me passer devant.

C’est tellement bien de gagner comme cela. J’ai dominé mon sujet!

 

–          Quel est de même ton spot préféré en bodyboard ?

Il est certain que je préfère les gauches. Il y a des spots que j’adore, car je les connais très bien, tels que les Estagnots (France), Le Plombier (Guadeloupe) ou Haapiti (Moorea, Polynésie Française).

 Mais ce sont des spots très différents. Les Estagnots par exemple, chaque session est différente, il y a des périodes ou cela marche mieux que d’autres, mais j’ai vraiment eu de bonnes sessions là-bas.

 

–          Avec ton expérience, arrives-tu à bien maîtriser la pression des compèt ?

En compétition, je surfe souvent mieux qu’en free surf. Parce que je suis vraiment à fond, je surfe ma vague jusqu’au bout, avec un maximum de tonicité. En free surf, je surfe plus détendue.

 

–          Quelles Françaises vois-tu prendre la relève au niveau international ? Donnes-tu des conseils à la jeune génération ?

Depuis cette année, il y a Roxane Bonnet (Réunionnaise). Elle surfe très bien. Je ne sais pas trop si elle va se lancer sur le Tour Pro, mais ça serait bien. Elle pourrait avoir de bons résultats.

Le problème qu’elle va sûrement rencontrer est de trouver un sponsor et donc le budget pour voyager.

 

–          A la fin de ta carrière, tu comptes rester dans le milieu des sports nautiques ?

Je travaille dans l’industrie de la glisse. Le bodyboard et le surf font partie de ma vie ! 

Photo : Carlos Pinto/ ISA

Les choix importants que j’ai eu à faire dans ma vie (lieux de vie, études, travail…), ont d’ailleurs été influencés par le bodyboard.

 

–        As-tu l’occasion de côtoyer d’autres Tricolores évoluant dans cet univers nautique, tels Charlotte Consorti, Pauline Ado, Alex Caizergues ou Antoine Albeau ?

Je connais bien Pauline. Elle est excellente la Popo !

 

–          On a l’impression que le bodyboard est moins médiatisé que le surf,pour quelles raisons selon  toi ?

Exact, je ne sais pas trop pourquoi. Il y a une grosse énergie pour mettre le bodyboard de côté, mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi.

 

– Que peux t-on te souhaiter pour la suite ?

Une belle famille!

 

–          Dernière question, que penses tu du blog Startin’Sport ?

C’est intéressant. Les sports extrêmes sont souvent sous-estimés, alors c’est bien d’en parler !

 

Pour finir, voici une belle vidéo de bodyboard, prise lors de l’étape Française de l’European Tour, à Anglet… ça envoie bien fort !

 

 

 

 

 

 

 

 

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