Notre récent Champion du Monde d’Enduro, le motard Johnny Aubert, a eu l’amabilité de répondre à quelques questions du blog Startin’Sport…

 

Tu as débuté dans le Motocross, avec notamment des titres de Champion de France et de Champion du Monde en 80 cc, à 13 ans… tu dois garder des souvenirs mémorables de cette année 1993 !

1993 a été exceptionnelle : Champion de France Minivert 80cc, Champion de France Cadet, Champion du Monde 80cc, une année sous le signe des victoires !
J’ai beaucoup de souvenirs de cette année, comme le Grand Prix de France 125cc à Laguépie où se tenait en même temps le Championnat de France Cadet.

Un jour mémorable, puisqu’avec mon 80cc j’aurais pu me qualifier pour le Championnat du Monde…

Je garde aussi de 1993 des souvenirs « hors course », comme mes premières interviews. 

Celle de Laurent Corric pour Auto Moto m’a marqué, j’étais très impressionné qu’on puisse s’intéresser à moi !
1993, c’est aussi la première année d’un statut de pilote officiel avec Yamaha Motor France.

 

En 2001, après des titres de Champion de France Junior et Elite, tu te lances en Championnat du Monde de motocross.. Comment t’étais-tu préparé à ces débuts ?

J’ai commencé les GP Motocross en 1997. Lorsque tu as de bons résultats en championnats nationaux, les Grands Prix sont une suite logique.

Je suis donc arrivé la première année pour apprendre et observer, et j’ai tout de suite eu la vitesse, obtenant régulièrement les meilleurs temps en Grand Prix.

Ensuite il faut persévérer, travailler très dur et avoir une dose de chance. Tous ces éléments n’ont malheureusement jamais été réunis en même temps !

 

En 2005, ta carrière connaît un premier grand tournant, puisque tu prends la décision d’arrêter la moto : qu’est ce qui t’avait poussé à le faire ?

Fin 2004, je suis rentré des USA sans structure pour 2005. Marc Casola et Christian Lapraille m’ont donné une nouvelle chance en me proposant un guidon dans leur team.

 L’hiver 2004 se passe plutôt bien avec de bons résultats en course de sable, dont une 4ème place au Touquet.

Cependant, suite à une opération de mes avant-bras qui a connu quelques complications, j’ai perdu pas mal de temps et la saison 2005 a mal commencé.

C’est au mois de Juillet 2005 que j’ai effectivement pris la décision d’arrêter la moto.  Elle ne m’apportait plus rien, tant d’un point de vue financier que personnel.

 

Et puis, Fin 2005, tu entres en relation avec le Team d’Enduro Yamaha UFO, et tu signes chez eux… peux-tu nous raconter ça ?

En Septembre 2005, le Team UFO cherchait un pilote et en a parlé à mon oncle, Jean-Jacques Bruno, qui a immédiatement pensé à moi.
La première chose qui m’est venue à l’esprit c’est « pourquoi moi ? ».

Je décide d’y aller, pour le plaisir de rouler quelques jours en Italie… Dès le premier jour, je me fais mal à la cheville, mais le manager du team, Filippo Lamotte décide de me faire confiance.
Je signe un contrat de deux ans avec eux sans comprendre ce qui se passait !

Photo site officiel johnnyaubert.com

 

Tu n’appréhendais pas trop de passer à une autre discipline ?

Je n’ai pas vraiment appréhendé le passage à l’Enduro, car je vivais tout ça au jour le jour. On me guidait pas à pas et je n’ai fait que suivre les pilotes de mon team en observant.
De plus, je ne savais pas en quoi consistait vraiment l’enduro, je percevais cette discipline comme un peu « vieillotte » et plus comme de la ballade que de la « moto sport ».

J’étais loin de la vérité et je n’ai pas été déçu avec un baptême du feu en Suède ! En plus la discipline avait largement évolué : des journées longues et dures, des spéciales techniques, du vrai sport !
L’enduro était devenue un mix parfait de ce qu’un pilote tout-terrain peut attendre : le professionnalisme du MX avec une ambiance simple et conviviale très « enduro » !

 

Tu « claques » tout de suite de grosses perf’, avec un podium pour ta première course en Championnat du Monde : comment tu expliques ton adaptation si rapide à l’Enduro ?

Je ne l’explique pas vraiment, je me suis senti tout de suite à l’aise.

J’ai toujours été rapide sur les tours chrono en motocross, je suis assez endurant, j’aime rouler longtemps, et être seul pendant de longues liaisons ne m’a jamais embêté. C’est peut être ça.

Mais très franchement je ne sais pas vraiment pourquoi !

 

Tu finis la saison 2006 en 4e position au Championnat, malgré une blessure en cours d’année : ca a dû te donner encore plus confiance pour la suite ?

J’ai effectivement abordé la saison 2007 avec des objectifs complètement différents qu’en 2006. Je savais que j’avais le niveau pour être aux avant-postes, donc j’ai travaillé pour encore progresser.


 

L’année 2007 est déjà une belle année pour toi : 3e du Championnat, et surtout une victoire lors des ISDE..ce succès semble compter à tes yeux non ?

Les ISDE (International Six Days of Enduro) ont été ma première «vraie victoire ». Ce titre est symbolique et compte beaucoup pour moi puisque seuls 2 Français avaient fait cela auparavant, et pas n’importe qui : Gilles Lalay et Stéphane Peterhansel !
Les ISDE ont aussi été l’occasion de me confronter pour la première fois à Juha Salminen, la référence de l’enduro (avec 11 titres de Champion du Monde à son actif).

Photo site officiel johnnyaubert.com

 

Nous nous sommes battus les 4 premiers jours. Il a dû abandonner pour casse mécanique. Mais j’ai su aussi à ce moment là que j’avais le niveau pour le défier pour le titre en 2008.

 

Le 12 Octobre 2008, c’est la consécration : tu deviens Champion du Monde d’Enduro, après 10 ans de domination du Finlandais Juha Salminen, qui finit second à 8 points…qu’est ce qui t’as permis de le battre ?

La régularité est, à mon avis, la clé pour gagner un championnat.
Nous avons tous les deux nos points forts et nos points faibles qui sont plus ou moins représentés selon le type de terrain.

J’ai tendance à être plus rapide sur les cross-tests, les spéciales en herbe et avoir plus de difficultés sur les extrêmes et les zones plus trialisantes, la spécialité de Juha.
On a eu de beaux duels, et j’ai peut être su combler mes lacunes au fil de la saison.

 

Ca t’a fait quoi d’être sacré lors d’un Grand Prix disputé en France ? Ca devait être bien fun !

C’était fabuleux ! Toutes ces personnes qui étaient là… C’était unique !

Lors de la remise des prix, tout le monde s’est mis à chanter la Marseillaise, pour moi, pour mon titre, ça restera gravé à jamais dans ma mémoire.

J’espère pouvoir le revivre mais ce ne sera certainement jamais aussi intense…

 

Tu rejoins ainsi au palmarès Stéphane Peterhansel, sacré en 2001..

Et je n’en suis pas peu fier ! Stéphane a toujours été une de mes références aussi bien en enduro, rallye moto et maintenant auto. Il a toujours su gérer sa carrière, sa pression, il est incroyable.

On a eu quelques contacts pendant la saison, on a un ami en commun et je sais qu’il se tenait au courant
de mes résultats au fur et à mesure des GP, c’est vraiment flatteur !

 

Tu as récemment intégré l’écurie KTM, avec laquelle tu participeras au WEC et au Championnat de France : le changement de Team se passe bien ?

Très bien ! L’équipe est top, ils sont tous très motivés. On travaille beaucoup ensemble et j’ai l’impression que ça porte ses fruits !

 

Tu dois être impatient de courir en France non ? Tu avais plutôt évolué en Italie ces dernières années…

Oui et la France me manquait déjà depuis l’année dernière, mais mon contrat m’obligeait à participer au Championnat Italien.

Photo site officiel johnnyaubert.com

 

Je suis content de venir en France, pouvoir croiser le public français autrement que lors d’un GP à l’année !

 

Quels sont tes objectifs pour 2009 ?

Championnat du Monde d’Enduro Catégorie E2, Championnat de France Catégorie E2 et peut être  quelques classiques !

 

 Que peux t-on te souhaiter pour la suite ?

Un deuxième titre mondial et un premier titre Français !

 

Dernière question, que penses-tu du blog Startin’Sport ?

Je ne connaissais pas mais je le trouve vraiment sympa, facile dans son arborescence et intéressant car il traite de tous les sports,  ce qui est rare ! Je l’ajoute dans mes favoris !

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