Le blog Startin’Sport vous propose aujourd’hui l’interview de Julien Lopez, rider vainqueur du Freeskiing World Tour 2009, l’un des principaux circuits pro de ski Freeride.

Et notre Frenchie n’a pas la langue dans sa poche !

 

–  Julien, qu’est ce qui t’a poussé vers le ski ? Tes origines Plagnardes ont dû aider non ?

J’ai commencé à skier grâce à ma mère et ma grand mère : un jour, j’ai trouvé des petits skis dans la cave de ma grand mère et c’est de là que tout est parti !

Je pouvais plus les enlever des pieds et à chaque fois que je sortais, j’avais mes « petit ki pour juju » aux pieds, j’avais 1 an 1/2…

 

 –          Tu as longtemps pratiqué le ski Freestyle en compète, notamment en Halfpipe : quels en sont tes meilleurs souvenirs ?

J’ai beaucoup de souvenirs, mais c’était encore le début des Coupes du Monde de pipe, la belle époque quoi 🙂

(Photo Carlsen)

J’arrivais pas vraiment à envoyer des gros tricks avec la tête en bas, par contre je montais vraiment haut, c’est avec des gros air que tu te mets le public et les juges dans la poche.

 

 –          Ca doit être bien grisant de se lancer sur un pipe, et de tout envoyer…

C’est une super sensation, par contre tu n’as pas le droit à l’erreur. 30 cm de trop vers l’intérieur ou l’extérieur du pipe et c’est le drame !

 

 –          Que penses–tu des supers résultats de Kevin Rolland et Xavier Bertoni en ski Freestyle cette année ? As-tu eu l’occasion de discuter avec eux depuis ?

Je suis super content pour eux, c’est des petits jeunes que j’ai vu grandir et évoluer, ça faisait un moment que je me disais qu’ils allaient tout déchirer.
Ils sont simples, travailleurs, super accessibles et gavés d’humour. Il donnent une trés bonne image du sport, ca fait du bien dans un milieu beaucoup trop bling bling, ils ne se prennent pas au sérieux.

Je suis rentré à la maison vite fait avant la dernière étape en Alaska et on a fait la fête ensemble pour Kevin [ NDLR : notamment vainqueur des Championnats du Monde de ski Halpipe au Japon] !

J’ai suivi leur saison sur le Net et eux ont suivi la mienne aussi, c’était d’ailleurs un peu dur pour moi car je devais rester concentré pour la finale, alors qu’ eux avait déjà fini la saison 🙂 

 

–          Tu es récemment passé du ski Freestyle au ski Freeride, qu’est ce qui a motivé ce changement ?

Je me suis fait un genou, ca m’a pris 2 ans avant de revenir. C’était la traversée du désert…
Assez dure d’ailleurs, je me suis retrouvé de l’autre côté de la scène à regarder mes potos…

Ca m’a fait réfléchir et puis ensuite mon « bro » Adrien Coirier m’a inspiré en freeride :  j’ai fait une première saison avec lui pour voir, puis une deuxième avec pas de chance, car mes fixes sautaient tout le temps et enfin une 3ème pour concrétiser 🙂

(Photo Devonbalet.com)

Je suis vraiment content, je suis incapable de ne pas skier, je prends ça vraiment comme un métier et c’est plutôt cool d’avoir sa passion comme job.

 

 –          Le Freeride est une discipline extrême, il faut savoir dompter les barres rocheuses…ça doit te procurer une grosse dose d’adrénaline !

Effectivement, tu as la boule au ventre quelques fois. Mais c’est toujours avant le départ, quand je skie, je me fais plaisir et si je trouve que ma ligne est trop engagée, je change pendant mon run.

Il faut toujours savoir ce que tu fais et bien connaître tes limites. Tu n’as pas le droit a l’erreur… 

 

 –          Le snowboardeur Mathieu Crépel nous avait confié son désir de se mettre au Freeride…tu vas pouvoir le coacher alors !

J’étais avec lui juste avant de partir pour l’Alaska, c’est plutôt lui qui m’a « coaché » (rires).

Je pense pas avoir grand chose à apprendre à un mec comme lui. Il a un style de malade et une technique de ouf ! 

 

 –          Quelles sont d’ailleurs, pour toi, les qualités à avoir pour performer dans cette discipline ?

Un mental d’acier. C’est 80% dans la tête et 20% dans le corps.

Photo Devonbalet.com

 

Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas s’entraîner. J’ai d’ailleurs un coach physique : merci Samir et le club de hand de Chambéry !
Ensuite c’est de l’expérience, de la patience et des « cojones » !

 

 –          Cette année 2009 a été superbe pour toi, puisque tu as remporté le Freeskiing World Tour : tu t’attendais à une telle réussite après à peine 2 ans de Freeride ?

C’est vrai que c’est allé vite. Mais j’ai un gros passé de skieur, ça aide énormément…
J’ai eu aussi beaucoup de soutien de la part de mes sponsors, qui ont cru en moi et m’ont suivi,  mais surtout de mes proches, de mes amis et même de pas mal d’inconnus sur le net !

Photo Eben Wight

Ca aide pour avoir un gros mental (= la loi des 80 / 20…) !

 

 –          Qu’est ce qui distingue le Freskiing World Tour du Freeride World Tour, l’autre gros circuit de Freeski ?

Le format.
Freeskiing World Tour : 300 personnes au départ, n’importe qui peut s’inscrire et déchirer s’ il est bon.
C’est ce Tour qui a sorti les plus grand noms du freeride au monde :  Davenport / Mc Conkey / Michaud / Chicherit / Jean-Claude Dusse  🙂 etc etc etc
Il existe depuis 1998, il est moins médiatisé en France que l’autre. Par contre aux US c’est la folie !

Freeride World Tour : 15 invités.
Je trouve que c’est un Tour beaucoup trop fermé, c’est super chaud pour y rentrer car il n’y a que trés peu de place : 15 cette année et 12 l’année prochaine.
Il existe un tour FWQ qui est censé être qualificatif pour entrer sur le FWT.

Photo Eben Wight

Mais si tu regardes, j’ai fait 2eme du FWQ cette année et je suis 24e du classement général, puisqu’ils ne font qu’un classement pour les 2 Tours. 

Les mecs du FWT marquent beaucoup plus de points que le FWQ : si tu finis dernier du FWT, c’est comme être 6eme sur le FWQ…

Mais c’est seulement la 2eme année de ce Tour, il y a pas mal de choses à changer, ca va certainement venir avec le temps.

 

 –          Tu as en effet un peu goûté à l’ambiance du Freeride World Tour en 2008, même si tu devais passer par les qualifs…quel bilan tires-tu de cette expérience ?

Je suis dégoûté, j’ai vraiment tout donné pour y rentrer et même en terminant 2ème cette année du circuit qualificatif, je ne suis pas qualifié pour « l’autre Tour ».

C’est inacceptable de fermer un World Tour, ou alors tu ne l’appelles par World Tour…. Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas un Top 15 établi à chaque étape après 2 jours de qualif, en permettant à plus de monde d’ entrer sur le Tour.

Ca permettrait d’arrêter de faire croire aux gens que tu peux te qualifier en faisant le FWQ… no offense pour les organisateurs, mais c’est une vrai blague ce FWQ.

Ils devraient aussi mettre des riders FWQ dans le Pro Freeride Board (PFB), parce qu’ils se cachent derrière les décisions qui sont prises par le PFB…mais les riders qui y sont ne sont que du FWT !

(Photo Eben Wight)

C’est comme faire un gouvernement qu’avec des mecs d’un même parti… demandes a un roi si il veut rendre son trône !

Après je trouve que le Freeride World Tour –notamment les grosses épreuves Nissan– est vraiment bien fait, belles faces quand les conditions le permettent, prise en charge de l’inscription des riders . Y’a aussi beaucoup de points positifs.

 

 –          Aurélien Ducroz a remporté cette année  ce  Freeride World Tour : ce « doublé » Français te fait plaisir ? Tu connais un peu Aurélien ?

Oui on se connaît, on skie ensemble de temps en temps.
Je suis bien content, si tu regardes cette année la France a tout déchiré sur la neige : Ju lizerou en alpin, Xav et Kev en Freestyle, Auré et moi en Freeride… What else ?

 

 – La 3e étape du Freeskiing World Tour 2009 s’est déroulée en Alaska, où tu as vécu un moment très difficile en 2008…qu’as tu ressenti en y retournant en compète cette année ?

C’est vrai, c’était pas facile.
L’année dernière, Bee [NDLR : son amie Berengère, également Freerideuse] avait failli mourir dans mes bras et la semaine suivante,  mon ami John mourrait pendant la course suite à une chute…
J’avais bien sûr toutes ces images en tête quand je suis arrivé en Alaska, sur les lieux de ces accidents.

J’avais beaucoup d’appréhension en ce jour du 11 avril – nous devions skier ce jour-là-,  je crois à fond aux signes de la vie.

Pour ceux qui ne sont pas au courant, c’est le 11 Avril 2007 que Neal est mort à Tignes [ NDLR : Neal Valiton, un jeune skieur Suisse décédé durant la finale du Freeride World Tour].

Le 11 avril 2008, John est mort en Alaska [NDRL : John Nicoletta, Freerideur Américain, qui concourrait aussi sur le Freeskiing World Tour ] et j’étais présent pour chacun de ces drames.
J’avais toutes ces images en tête et nous devions briser la malédiction, ce fut une journée chargée en émotions.

Photo Eben Wight

Mais malgré ces souvenirs, quand tu pars pour l’Alaska, tu souris avant même d’être dans l’avion pour y aller.
C’est un truc de ouf :  les paysages sont impressionnants et la neige encore plus douce que la peau d’un bébé.
J’etais super excité ! Surtout qu’au moment d’y aller, j’étais en tête du Tour avec pas mal de points d’avance.Mais rien n’était joué.

 

 –          Que te restes-t-il a améliorer,selon toi, dans ton ski Freeride ?

Je suis perfectionniste et quand je me regarde skier en vidéo, je trouve que j’ai beaucoup de choses à travailler.
J’ai envie de filmer, et pour filmer il faut être super « propre ».

 

 –          Quels sont tes prochains objectifs ? Tu seras de nouveau sur le Freeskiing World Tour en 2010 ?

Je commence à avoir pas mal de propositions pour des projets de films, mais rien de certain non plus.

Je continue également à présenter l’émission Ski Vibes.
J’ai aussi envie de m’investir encore plus avec mes partenaires, et de développer des produits.

Coté compète, j’ai envie de faire les 2 Tours l’année prochaine, et de rentrer à la maison avec un double titre de Champion du Monde !

 

 –          Que peux-t-on te souhaiter pour la suite ?

De la neige en abondance ! 

–          Dernière question, que penses-tu du blog Startin’Sport ?

C’est cool, plein d’infos et un design qui pète !

Je rajoute un petit merci aux sponsors (GLC / ZAG / SUN VALLEY / BOLLE / GIRO / PULL IN / LANGE / DAKINE)
Merci mes 2 caméramans Thomas Andrillon & Fabien Sy, les potes et la famille !

 

Pour conclure, voici une vidéo bien fun des perfs de Julien Lopez lors du Freeskiing World Tour 2009 !

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