Le rider Mathieu Crepel, double Champion du Monde de snowboard en 2007 et 3e des Mondiaux 2009 disputés en Corée, s’est récemment entretenu avec le blog Startin’Sport.

L’occasion de revenir sur le parcours de ce jeune snowboardeur de talent !

 

– Tu as commencé le snowboard trés jeune, qu’est ce qui t’as poussé vers ce sport ?

Je suis issu d’une famille montagnarde, mes parents vivaient en station quand je suis né.

J’ai été très vite mis sur des skis, mais après plusieurs années d’entraînements au ski club, mon père m’a fait essayer le snow.

Malgré le fait que ma première planche ait été une planche d’adulte découpée à ma taille avec des fixations de ski, donc pas très performante, j’ai tout de suite accroché. J’avais 7 ans.

 

– A 10 ans, tu as participé à un photoshooting au Groenland avec les grands noms de l’époque : ça semble avoir été un déclic pour toi…

Ce voyage reste gravé dans ma mémoire et a définitivement joué un grand rôle dans ma passion pour la montagne et le snowboard. C’est des souvenirs à la fois sportifs et humains incroyables.

Je prévois d’ailleurs d’y retourner dans un futur assez proche.

 

– Tu es spécialisé dans le Freestyle : qu’est ce qui le rend pour toi si excitant ?

Jeune, j’ai fait de tout. Aussi bien du boarder cross, que du slalom et du freestyle. Mais je me sentais plus attiré par le freestyle.

C’est pour moi un moyen de m’exprimer à travers mes figures et je ressens plus de liberté que dans les autres disciplines.

 

– Quelles sont les qualités à avoir pour être un bon Freestyleur ?

J’ai fait beaucoup de gymnastique quand j’étais jeune, je pense que cela m’a beaucoup aidé, pour me repérer dans l’espace lorsque je fais de nouvelles figures.

Ensuite, contrairement à ce que l’on peut penser, il ne faut pas être fou. Il faut connaître ses limites, avancer étapes par étapes pour éviter les blessures.

 

– Big air, halfpipe, slopestyle…tu as goûté un peu à tout, cette polyvalence t’aide t-elle ?

Pour moi le snowboard est un outil qui permet de s’exprimer sur toute la montagne, ce serait donc dommage de se cantonner à une seule discipline.

Photo Arosa Suisse Bachman

Cela permet aussi d’être en constance progression et de chercher à s’améliorer partout.

 

– En 2001, tu finis 3e en halfpipe aux Championnats du Monde Junior 2001, et depuis on te sens trés à l’aise sur le pipe…c’est ton épreuve préférée ?

Venant des Pyrénées, c’est vrai que je n’étais pas prédestiné au half-pipe. Nous avions déja assez peu de snowpark, et pas de pipe !

Mais j’ai commencé à faire beaucoup de half-pipe lorsque que je suis allé en sport-études dans les Alpes en 2000.

Ca m’a beaucoup plu, mais je ne me suis pas focalisé dessus non plus.

 

– Après ta 2e place au Quiksilver Slopestyle Pro en 2003, tu t’es dit que tu avais ta place dans l’élite du snow ?

Tout s’est fait assez naturellement, je ne me suis jamais posé cette question.

Mais il est vrai que cette année là, j’ai franchi un palier.

Photo AFP Fabrice Coffrini

 

Je suis passé du jeune qui avait du potentiel, à un rider qui commençe à s’affirmer dans les compétitions majeures.

 

– Tu remportes ensuite la Coupe du Monde halfpipe 2005, le titre mondial sur le circuit TTR en 2006, les Championnats du Monde big air et halfpipe 2007… ton meilleur souvenir parmi ces succès ?

La Coupe du Monde 2005 n’était pas un objectif, c’est venu un peu par hasard !

Par contre le TTR en 2006 arrive après mon échec aux JO de Turin et là, je ne voulais pas laisser passer ce titre, car j’étais dans le top 3 depuis le début de la saison.

Si j’avais perdu le titre sur la dernière épreuve, 2006 aurait été une année très difficile.

Pour 2007 c’est assez particulier, car je n’avais pas vraiment prévu de participer à beaucoup de compétitions, mais plutôt de faire du freeride et filmer aux Etats-Unis.

 Photo Arosa Suisse Bachman

 

Mais les conditions en Janvier n’étaient pas bonnes, j’ai donc décidé de participer aux Championnats du Monde.

Je savais que j’avais le potentiel pour faire un bon résultat en big-air, par contre je manquais d’entraînement en half-pipe. Mais j’imagine que le titre en big-air m’a libéré !

Je ne saurai dire lequel de ces titres est le plus important à mes yeux, car ils ont tous une histoire forte.

 

– En 2006, tu as donc participé aux JO de Turin  : tu as aimé cette expérience olympique ?

Je m’étais bien préparé à cette compétition, mais malheureusement tout ne s’est pas déroulé comme je l’avais prévu. Et c’est bien là le problème.

Je n’avais pas envisagé de plan B. Mon plan A n’a pas fonctionné donc j’étais perdu, alors que j’avais le potentiel pour être sur le podium.

Mais l’expérience fut bonne et j’ai pu beaucoup apprendre de cet échec.

 

– Tu as organisé le MC Invitational en Février 2008, étape du Circuit TTR : ça t’as fait quoi de pouvoir monter ce contest ?

J’avais envie d’organiser cet événement dans ma station du Tourmalet depuis un moment, et c’est en 2008 que l’opportunité s’est présentée.

C’était une super expérience, difficile, fatiguante mais très intéressante et enrichissante.
Cette saison, mon planning et mes objectifs ne m’ont pas permis de refaire un édition, mais il y aura une suite, qui va encore évoluer.

 

– Quel est ton tricks favori ? Que doit-tu améliorer encore dans ton snow ?

Je n’ai pas de trick favori, j’essaye de travailler régulièrement tout mon répertoire.

Spécifiquement en half-pipe, il faut que je travaille sur l’amplitude, j’ai beaucoup progressé sur ce point la cette année, mais ce n’est pas encore assez.

Photo Pat Vermeulen – Rossignol.com

 

Ensuite, j’ai encore de nouvelles figures en tête que je veux travailler.

 

– Que penses-tu d’Arthur Longo, qui a remporté le Champs Open cette année sur le TTR ?

Je me retrouve un peu dans Arthur, qui est présent dans la scène snow depuis longtemps, un jeune avec un énorme potentiel et qui confirme largement les espoirs qui étaient placés en lui.

Photo Claude Etchelecou

Il n’en est qu’au début de tout ce qu’il peut réaliser, alors attention à la suite !

 

– Tu sembles bien apprécier le Freeride, souhaites tu t’y consacrer encore plus à l’avenir ?

C’est clair que c’est quelque chose qui m’attire de plus en plus, mais je n’ai pas envie de m’y lancer trop prématurément.

C’est un discipline qui demande de l’expérience, que j’essaie d’acquérir petit a petit, mais ça me trotte dans la tête de plus en plus !

 

– Après ta médaille de bronze aux Mondiaux 2009 en Janvier, puis ta belle victoire en Coupe du Monde début Février, tu t’es récemment blessé lors d’un training au Japon…comment on gère ça mentalement ?

C’est assez difficile car j’étais dans une bonne spirale de progression, j’avais encore pas mal de choses à faire cette saison, mais c’est quelque chose qui fait partie de la vie d’un sportif.

 Photo Pat Vermeulen – Rossignol.com

 

C’est une blessure bête, car je n’ai pas pris de risque inutile, mais ça aurait pu être pire.

 

– Quels sont tes prochains objectifs ? Tu penses déjà aux JO 2010 ?

Les JO sont un objectif c’est clair, j’ai appris un peu comment gérer cet événement en 2006, donc je suis impatient d’y être.

 

– Que peux t-on te souhaiter pour la suite ?

Dans un premier temps, de bien me remettre de ma blessure et ensuite de continuer à m’éclater…

 

– Dernière question, que penses tu du blog Startin’Sport ?

C’est nouveau, c’est fresh et c’est cool d’avoir un blog dédié aux sports alternatifs, merci Startin’Sport !

 

Pour le plaisir des yeux, voici une vidéo bien fun d’un run de Mat Crepel lors des Championnats du Monde 2009 de snowboard… Enjoy !

 

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Interview Mathieu Crepel, Champion du Monde snowboard écrit par Startin' Sport avec une note moyenne de 5/5 - 1 vote(s)

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