Le snowboardeur Jérémy Jones continue actuellement ses sessions de snow Freeride en Alaska, et son journal de bord s’est enrichi de nouveaux épisodes sur Rossignol.com…

Voici un extrait de sa chronique du 18 Mai, après celle que nous avions publié le 10 Mai.

18/05/2009 – Une journée de rêve !

« Aujourd’hui était l’apogée dans une partie de ma vie de snowboarder…L’espoir commence à s’éclipser plus tôt dans la journée… Le vent a défoncé presque tous les aspects de la neige.

Nous sommes finalement arrivés au bowl, où nous pensons trouver la neige et les lignes parfaites. Finalement, elles sont beaucoup plus grosses que ce que nous l’avons imagé, nous sommes sans voix ! Grosse glace, corniches énormes, chemins étroits, et épines dans tous les sens…

Travis Rice en a assez vu et nous a appelé dans l’avion pour le ramener dans le monde réel, après 25 jours de campement. Ryland n’écoute que ses tripes, rejoins le caméraman sur l’île sécurisée, pendant que Jonaven et moi-même avancions tout doucement dans le champ de bataille…

Armés d’un bâton dans une main, d’un piolet dans l’autre, et d’une corde nous reliant ensemble, nous restons attentifs et produisons notre trace au milieu des séries de crevasses.

Une fois sur la face, nous nous mettons en sécurité, et nous assurons qu’il n’y a qu’une personne exposée à la fois. Jonaven trouve son point culminant alors que je change de coin et grimpe le long d’une chute d’eau jusqu’au sommet.

L’exposition était au-delà des limites fixées…. C’était comme si nous étions dans un bar à sandwich au danger, qu’on a checké les «œuvres» et qu’on a payé le supplément de 99 cents pour avoir le gros modèle XXL ! Nous étions à la limite de notre zone sécurisée, mais toujours dedans.

Tout le temps, nous avons parlé de la possibilité de revenir en arrière, mais plus haut nous allions, meilleur nous nous sentions.

Le temps semblait de nouveau jouer en notre faveur, et ce n’est que quand je suis arrivé au sommet que les choses se sont améliorées et que la première éclaircie est apparue dans l’heure.

C’est difficile de faire appel quand le temps est hétéroclite. Il faut environ 4 heures pour arriver au sommet d’une ligne et à un certain moment, il faut y aller et espérer avoir quelques éclaircies dans l’après-midi. C’est pourquoi il vaut mieux aimer le processus parce que durant plusieurs jours, nous avons travaillé dur, et nous sommes rentrés à la maison sans images…

Hier, je pense que Dieu était parmi nous et nous a récompensé pour notre persévérance.

En effet, les nuages se sont dispersés nous laissant une bonne fenêtre météo de 10 minutes pour rider et shooter la ligne du trip ! Nous avons trouvé de la pow, et ça a tout changé… Nous avons pu taper une grosse accélération sur la face, et aller à Mach 2 avec un contrôle total !

Les quatre dernières heures ont été dures… Le temps était correct, mais nous nous sommes démenés avec de hautes températures, du vent et des nuages. Cela nous a demandé d’utiliser toutes nos connaissances en matière de big mountain, pour atteindre notre but.

Nous étions dans un niveau de ride en big mountain que je n’ai jamais connu jusqu’à présent ! Nous vivons, inspirons et touchons ces lignes depuis des heures, et même des jours, et le résultat est plus qu’à la hauteur ! Je n’avais jamais ressenti cela dans toute ma vie… »

On vous invite à lire également les précédents épisodes sur Rossignol.com, dont celle en hommage au regretté Shane Mcconkey, récemment disparu.

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